Après un rendez-vous avec l’Éducation nationale, le projet d’école bilingue français-néerlandais à l’étude sur le territoire de la communauté de communes des Hauts de Flandre (CCHF), est devenu multilingue. Le projet pourrait s’élargir à l’anglais et à l’allemand. Un plan d’action est lancé dans l’objectif d’ouvrir cette structure inédite en septembre 2019.

La communauté va sonder les parents des petits habitants des Hauts de Flandre afin de mesurer l’intérêt d’une école multilingue à la rentrée 2019. Photo archive Marc Demeure.

 

Français, néerlandais, anglais et pourquoi pas allemand. Le projet d’école bilingue en Hauts de Flandre associé à l’idée de redonner une seconde jeunesse à l’école de Wylder, fermée depuis juin, «  a évolué vers un concept international  », pose André Figoureux, président de la CCHF, à l’origine de la réflexion. Exposée courant juin à l’académie, cette intention de «  donner une chance aux jeunes habitants du territoire de quitter le schéma actuel d’apprentissage des langues pour partir vers une immersion totale  », a été bien reçue et réorientée vers une école multilingue. Avec une prépondérance pour le Néerlandais (50 %), le français (25 %) et l’anglais (25 %). Rien n’est arrêté. Toutefois, ce revirement implique que la future école soit intégrée à une école active. Celle de Wylder ne pourra donc pour l’instant accueillir l’enseignement de langues étrangères.

« Ne pas louper cette chance »

«  Ce projet initial pourrait se faire dans un second temps, note Marie-Claude Lermytte-Bavay, vice-présidente à l’Enfance jeunesse en charge du dossier. La réflexion évolue. Nous cherchons à ce qu’il y ait une continuité de parcours. » Avec une inscription dès la maternelle jusqu’à l’entrée au collège, et plus loin, l’idée est d’ouvrir cette immersion tout au long de la scolarité. «  Il faut aussi que l’on s’appuie sur ce que souhaitent les parents, qui sont nombreux à s’y intéresser, prévient André Figoureux. C’est pourquoi nous soutiendrons la future association de parents.  »

Sonder les familles, et, dès cet été, inciter les centres aérés à franchir la frontière, comme ici pour les enfants des centres du secteur.
Sonder les familles, et, dès cet été, inciter les centres aérés à franchir la frontière, comme ici pour les enfants des centres du secteur.

Sonder les familles, et, dès cet été, inciter les centres aérés à franchir la frontière. «  C’est la consigne que l’on a suggérée aux directeurs, poursuit Marie-Claude Lermytte. Pour donner le goût de la langue aux enfants. Nous voulions travailler avec les centres de loisirs belges, ce qui n’est pas évident avec la barrière de la langue…  »

Des premières tentatives associées à la création d’un comité de pilotage pour travailler à la construction de cette école (lire ci-dessous), le but étant d’ouvrir les portes de cette structure inédite à la rentrée 2019. Mais, «  n’y a-t-il pas un risque de se substituer à l’Éducation nationale dont c’est le rôle d’enseigner les langues ?  », s’interroge Frédéric Devos, maire de Wormhout, lors du point d’information du conseil communautaire de lundi (l’intercommunalité n’a pas la compétence scolaire). «  À partir du moment où on doit subventionner l’association, c’est dans nos compétences, tranche le président. Les collectivités doivent avoir un rôle moteur. Il faut être l’aiguillon de l’enseignement des langues. On ne loupera pas cette chance pour nos enfants.  »

Un questionnaire distribué aux parents à la rentrée

Au sein du comité de pilotage créé pour mener à bien l’ouverture de cette école multilingue, l’ingénierie a été confiée à Anne Vanhaecke. Une Quaëdyproise qui a vécu l’expérience de la scolarisation de sa fille en Belgique. «  C’est assez magique, ce côté fulgurant de l’apprentissage. On se dit que c’est faisable, accessible. Il faut maintenant soulever le frein de la logistique  ». Le lieu, la méthode, les moyens : «  l’objectif est d’arriver à la solution la plus pertinente possible, celle qui correspond le mieux pour la population. Il est très important que ce ne soit pas uniquement scolaire, mais que ce soit un projet global de développement économique et culturel. Il faut orchestrer non pas l’école, mais tout ce qu’il y a autour. Rien n’est fixé, mais il n’y a rien à perdre.  »

Sonder les familles

Outre les échanges avec les élus, les enseignants, les habitants, les entrepreneurs, afin de rechercher méthodes et modèles, son rôle sera notamment de rédiger un questionnaire à destination des parents d’élèves. «  Cela permettra de mesurer l’intérêt, de connaître les éventuelles craintes et d’avoir une idée du nombre de personnes intéressées. Si on connaît les freins, on pourra apporter des réponses documentées.  » Le questionnaire circulera un peu après la rentrée dans les écoles du territoire.

Le flamand occidental attend son tour

«  Ça ne peut être que favorable à l’enseignement des langues, mais on ne se sent pas concernés par ce projet  », rapporte Jean-Paul Couché, président de l’Institut de la langue régionale flamande, regrettant que le flamand occidental ne bénéficie pas encore d’un enseignement comme c’est le cas d’autres langues régionales en France. «  Il y a toujours un blocage de la part de l’académie, et on ne comprend pas pourquoi. On est dans une situation de discrimination, qui ne peut pas durer. On envisage de solliciter le défenseur des droits. Il n’y a pas de raison que ça ne se passe pas chez nous comme ailleurs.  »